Chapitre 2 : Mes premiers mois à l'hôpital
J'aurai pu mourir sans souffrance, sans m'en rendre compte, ne pas me réveiller d'un sommeil profond.Mais reprenons où nous nous en étions arriver, dans un état second, un état d'inconscience, je me suis rendu au urgence pédiatrique avec mes parents et je ne savais pas quand franchissant cette porte, je ne reverrez pas la lumière du jour autre qu'à travers une fenêtre durant plus de 2 mois. D'ailleurs, je n'avais pas conscience que j'allais être hospitalisé. Je ressentais une honte, un choc... comme si on m'avait descendu de mon piédestal, en me disant que ma force était en réalité une faiblesse... oui, c'est ça j'étais faible d'esprit, inconsciente de mon état.
On commença par me faire des testes : peser et mesure bien sûr, électrocardiogramme, tension, état musculaire... Rencontre avec le pédiatre de garde, et enfin prise de congé dans une chambre. La sensation que j'ai ressenti cette nuit et la même que celle que je ressens en ce moment, une impression de vide, une incompréhension de ce qui se passe, une incohérence temporelle (on ne vit pas, notre vie c'est arrêtée), j'ai tourné en rond toute la nuit. J'ai prié pour me réveiller, mais je continue de vivre dans ce monde parallèle qui fait de moi une personne présente physiquement mais à l'esprit vagabonde.
Le lendemain, l'infirmière chef du service m'expliqua les règles de l'hôpital, le protocole pour les anorexiques et les conditions dans lesquels, je vais vivre durant plus de 5 mois. Ensuite, elle m'explique que j'avais 2 jours de mise à l'épreuve sans que le protocole soit mis en fonctionnement et que le contrat sera signé après cette période d'essaie et que durant cette période il est sous-entendu que je dois stabiliser et au mieux augmenter mon poids pour ainsi alléger le contrat. Durant cette période, j'ai du passer un scanner pour constater si mon amaigrissement était dû à autre chose qu'à l'anorexie ou si cette anorexie avait eu de grave séquelle sur mon organisme. Si je vous raconte ça c'est pour vous confier que pour me rendre à cette examen on m'y a amener en fauteuil roulant et je me suis senti abattu, faible, diminué. Je me suis fait pour la première fois fait battre par la maladie, mon contrôle ne servait plus à rien, j'étais incapable de traverser en marchant un hôpital. Avez-vous déjà eu le sentiment que votre tête aimerez faire quelque chose et que votre corps vous rappel que vous êtes dans l'incapacité ?
Bref, recommençons là où nous en étions, le vendredi qui suivie mon hospitalisation. (Le dilemme je vous le rappel étais que je stagne au minimum mon poids) par « malchance » dans ces deux jours, j'ai perdu 1.5kg. Ce fut mon poids le plus faible : 35.5kg pour 1m70 soit un IMC de 12.2. Sans attendre, en raison de mon poids morbide, la sentence tomba, les médecins ont mis en place le protocole au niveau le plus élevé, Ce qui signifie : sanitaire fermé à clef, aucun objet dans la chambre, aucune activité (ni lire, ni regarder la télé, ni dessiner...rien absolument rien), pas de sortie de la chambre sauf pour aller à la pesé (tous les 3 jours) et pour aller à la douche sous contrôle bien sûr, visite 2h par semaine uniquement de mes parents.. (Autant vous dire que les journées étaient longues très longues, ma seule occupation était t'attendre que le temps passe), alimentation et quantité d'eau contrôlé, surveillance constante. et bien sûr installation de la sonde gastrique. : ."Une sonde gastrique est un tuyau qui passe par le nez pour arriver à l'estomac. Elle est branché à une pompe à nutriments, qui à l'aide de poche nutritive, alimente directement l'estomac en glucide, lipide, protéine et fibre". .
J'ai peut-être eu tord, mais j'ai pris sûr moi, Je me suis dit que je devais faire ce qu'ils attendaient de moi, et qu'une fois sortie, je ferais comme je l'entendrais. Ils attendaient que je riposte, il disait que c'était pas normale que je prenais autant sûr moi, que je ne hurlais pas au plein milieu du couloir, que je ne balançais pas mes plateaux repas par la fenêtre... Au contraire, je finissais mes plateaux a être plié de douleurs, je ne bougeais pas de mon fauteuil, assis en tailleur et les yeux fermés. A première vue, je paraissais zen mais à l'intérieur j'accumulais les angoisses, la colère, la tristesse....
Je croyais en la force de mon esprit et je pensais que rien ne viendrais perturbé ma détermination..
Je ne dormais pas, ou très peu, les infirmiers me rendaient visite toutes les deux heures, pour voir comment j'allais et ci ma pompe à gavage fonctionner bien ou pour changer les poches à nutriments.
Par semaine, j'avais la visite d'une infirmière psychologique et d'une interne en psychiatrie venant du centre où j'avais rencontré la psychiatre qui m'avait hospitalisé, pour essayer de comprendre comment j'avais pu vouloir maigrir au point de me laisser mourir de faim.
Le mois de Septembre arriva, les cours commençaient et moi j'étais enfermé dans une chambre. J'avais dû mal à me faire à l'idée de loupé une année scolaire uniquement parce que j'étais malade. Mais petit à petit j'ai eu le droit à un livre, à sortir aux activités le soir et à manger dans la salle de jeux. C'est de cette manière que j'ai connu D ma voisine de chambre elle aussi anorexique et l'animatrice A. Ces soirées étaient devenue mes bols d'air. Je me sentais de plus en plus en sécurité à l'hôpital. Protéger du regard des autres, protéger des abus sexuels, protéger de la culpabilité... Je mangeais tous ce que l'on me donné en plus de la sonde et je prenais donc du poids progressivement. J'avais du mal à voir mon corps changé mais j'étais bien encadré et je ne souhaitais qu'une seul chose sortir de l'hôpital le plus vite possible pour manger à ma manière.
Fin septembre, on me retira la sonde gastrique et je reperdis du poids. Pour combler, les médecins m'augmentèrent les rations du petit déjeuner et la ration de féculents midi et soir. Je n'avaistoujours le droit qu' à un livre que je dévorais 24h/24h. A cette période, je me lia avec un infirmier de nuit. R discutais avec moi du soir au matin et me remonter le moral. Il me faisait confiance et c'était réciproque.
Début octobre, avec l'autorisation du médecin et en collaboration avec mon lycée, en raison de ma prise de poids, j'ai suivie les cours. Mes parents me les faisaient passé une fois par semaine et je rattrapais les cours. Il m'autorisèrent aussi à un film par jour, l'ouverture de mes toilettes, au courrier et à la visite de mon frère et de ma soeur que je n'avais pas vu depuis deux mois. Mon frère était devenue aussi grand que moi, ma soeur avait changé de visage. Je me suis rendu compte que je n'avais pas à être hospitaliser, que ce n'étais pas juste et que je loupé plein de choses. C'était devenue une motivation supplémentaire pour sortir le plus vite donc prendre du poids. En plus, mes parents m'ont offert un ordinateur portable autorisé bien sur par les médecins pour mon rapport de stage. Mes camarades de classes me m'étaient sur une clef usb des vidéos et des photos de leur périple et des messages. Tous ça me remonter le moral. Dès que j'étais déprimé je les regardais faire l'andouille et j'avais le sourire. A cette période, je commença à suivre une thérapie avec une psychologue que je voyais deux fois par semaine en plus des entretiens avec la psychiatre.


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